Si vous bavez souvent en dormant, cela peut-il révéler un problème de santé ? Comprendre les causes, les mécanismes et les 6 maladies à ne pas ignorer

Se réveiller avec l’oreiller humide n’est pas un sujet dont on parle facilement. Beaucoup considèrent la salivation nocturne excessive comme un simple désagrément embarrassant. Pourtant, lorsqu’elle devient fréquente ou persistante, elle peut parfois signaler un déséquilibre sous-jacent.

Baver en dormant n’est pas toujours anodin. Le phénomène, appelé hypersialorrhée nocturne, peut avoir des causes bénignes… ou être le reflet d’un trouble respiratoire, neurologique ou digestif.

Comprendre pourquoi cela se produit est la première étape. Car la salive, loin d’être insignifiante, joue un rôle crucial dans notre équilibre biologique.


Pourquoi bave-t-on en dormant ?

La salive est produite en permanence par les glandes salivaires. Elle facilite :

  • La digestion
  • La protection contre les bactéries
  • La lubrification de la bouche
  • La régulation du pH oral

Pendant la journée, nous avalons naturellement la salive sans y penser. La déglutition est un réflexe automatique.

Mais pendant le sommeil, plusieurs choses changent :

  1. Les muscles du visage se relâchent.
  2. La fréquence de déglutition diminue.
  3. La position latérale favorise l’écoulement.
  4. La respiration buccale peut s’installer.

Dans ce contexte, la salive peut s’accumuler et s’échapper.

Chez certaines personnes, c’est simplement une question de position de sommeil. Chez d’autres, cela peut révéler un problème plus profond.


Quand faut-il s’inquiéter ?

Baver occasionnellement n’est pas préoccupant.

En revanche, il peut être utile de consulter si :

  • Le phénomène est fréquent et persistant
  • Il s’accompagne de ronflements importants
  • Il existe une sensation d’étouffement nocturne
  • Des difficultés de déglutition apparaissent
  • Une fatigue excessive est présente
  • Des symptômes neurologiques se manifestent

Dans certains cas, l’hypersalivation nocturne peut être un signe d’alerte.


1. L’apnée du sommeil

L’une des causes les plus fréquentes associées à la salivation nocturne est le syndrome d’apnée obstructive du sommeil.

Comment cela fonctionne ?

Pendant le sommeil, les voies respiratoires peuvent se relâcher excessivement. Cela provoque :

  • Des pauses respiratoires
  • Des micro-réveils répétés
  • Une respiration buccale accrue

La respiration par la bouche favorise l’accumulation de salive et son écoulement.

Autres signes associés :

  • Ronflements forts
  • Somnolence diurne
  • Maux de tête matinaux
  • Irritabilité
  • Difficulté de concentration

L’apnée du sommeil augmente le risque :

  • D’hypertension
  • De troubles cardiaques
  • De diabète
  • D’accidents vasculaires cérébraux

Un dépistage par enregistrement du sommeil peut être nécessaire.


2. Le reflux gastro-œsophagien (RGO)

Le reflux acide peut également être impliqué.

Mécanisme :

Lorsque l’acide gastrique remonte dans l’œsophage, le corps réagit en produisant davantage de salive pour neutraliser l’acidité.

Ce réflexe s’appelle la salivation réflexe acide.

Pendant la nuit, surtout en position allongée, le reflux peut s’intensifier, stimulant une production excessive de salive.

Symptômes associés :

  • Brûlures d’estomac
  • Toux nocturne
  • Gorge irritée au réveil
  • Mauvais goût dans la bouche

Le RGO chronique peut endommager l’œsophage s’il n’est pas traité.


3. Les troubles neurologiques

Certaines maladies neurologiques peuvent affecter la coordination musculaire nécessaire à la déglutition.

Exemples :

  • Maladie de Parkinson
  • Sclérose en plaques
  • Accident vasculaire cérébral
  • Paralysie cérébrale

Dans ces situations, le problème n’est pas forcément une production excessive de salive, mais une difficulté à l’avaler correctement.

Signes d’alerte :

  • Difficulté à avaler
  • Voix modifiée
  • Tremblements
  • Troubles moteurs
  • Faiblesse musculaire

Un avis médical est impératif si ces symptômes apparaissent.


4. Les infections ou inflammations ORL

Une sinusite chronique, une rhinite allergique ou une obstruction nasale peuvent forcer la respiration par la bouche.

La respiration buccale favorise :

  • L’ouverture prolongée de la bouche
  • L’écoulement salivaire
  • La sécheresse buccale paradoxale

Les allergies saisonnières peuvent également aggraver la situation.

Symptômes associés :

  • Nez bouché
  • Éternuements
  • Pression faciale
  • Gorge sèche

Traiter l’obstruction nasale peut réduire la salivation nocturne.


5. Les effets secondaires de certains médicaments

Certains traitements peuvent augmenter la production de salive.

Exemples :

  • Antipsychotiques
  • Certains antidépresseurs
  • Médicaments contre Alzheimer
  • Traitements pour la myasthénie

D’autres médicaments peuvent altérer la coordination musculaire.

Si la salivation a commencé après l’introduction d’un traitement, un professionnel de santé doit être consulté.


6. Les troubles de la déglutition (dysphagie)

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