Chaque année, des millions de retraités attendent avec attention les annonces concernant la revalorisation de leurs pensions. Derrière des pourcentages parfois modestes se jouent des réalités très concrètes : le règlement des factures d’énergie, l’achat de médicaments, le coût de l’alimentation, la possibilité d’aider ses enfants ou petits-enfants, ou simplement de vivre sereinement.
L’année 2025 apporte des hausses confirmées, tant pour les pensions de base que pour les pensions complémentaires Agirc-Arrco. En revanche, 2026 demeure une année charnière, marquée par l’incertitude budgétaire et les débats politiques. La question qui traverse l’esprit de nombreux seniors est simple : la pension augmentera-t-elle réellement en 2026, ou faut-il s’attendre à un gel, voire à une perte progressive de pouvoir d’achat ?
Pour comprendre les enjeux, il faut analyser le mécanisme d’indexation, les décisions déjà prises, les scénarios en discussion et leurs conséquences concrètes sur la vie quotidienne.
Comment fonctionnent les augmentations de pensions ?
En France, la pension de base est en principe indexée sur l’inflation. L’objectif est clair : préserver le pouvoir d’achat des retraités face à la hausse des prix. L’indice utilisé correspond généralement à l’inflation hors tabac publiée par l’INSEE.
Si les prix augmentent de 2 %, la pension est censée être revalorisée d’un pourcentage équivalent. Ce mécanisme semble protecteur. Pourtant, il dépend de deux éléments majeurs :
- Le niveau réel de l’inflation
- Les choix budgétaires du gouvernement
En période de tensions budgétaires, l’indexation peut être ajustée, différée ou limitée.
La pension complémentaire Agirc-Arrco, quant à elle, suit une règle spécifique : elle est indexée sur l’inflation, mais avec un léger abattement (actuellement 0,4 point) destiné à préserver l’équilibre financier du régime.
Janvier 2025 : hausse confirmée des pensions de base (+2,2 %)
Au 1er janvier 2025, les pensions de base ont été revalorisées de 2,2 %.
Concrètement :
- Une pension de base de 1 000 € par mois est passée à environ 1 022 €.
- Cela représente environ 22 € supplémentaires par mois.
- Soit 264 € supplémentaires sur une année complète.
Cette hausse reflète l’inflation observée et constitue un ajustement significatif, même si elle ne compense pas toujours l’augmentation réelle des dépenses spécifiques aux seniors.
Novembre 2025 : revalorisation des pensions complémentaires Agirc-Arrco
À partir du 1er novembre 2025, près de 14 millions de retraités du secteur privé verront leur pension complémentaire augmenter.
L’augmentation est liée à l’inflation hors tabac, avec une décote de 0,4 point. Si l’inflation se situe autour de 1 %, la hausse devrait se situer entre 0,6 % et 0,8 %.
Exemple concret :
- Pension complémentaire de 600 € par mois
- Augmentation entre 3,60 € et 4,80 € par mois
- Soit entre 43 € et 58 € supplémentaires par an
Pour une pension complémentaire plus élevée, par exemple 1 300 € par mois, l’augmentation se situerait entre 8 € et 10 € mensuels, soit environ 95 € à 125 € annuels.
Le premier versement revalorisé interviendra début novembre 2025.
Impact global en 2025 : un exemple concret
Prenons un retraité percevant :
- Pension de base : 1 000 €
- Pension complémentaire : 600 €
- Total mensuel : 1 600 €
Janvier 2025 :
+2,2 % sur la pension de base
→ +22 € par mois
→ +264 € par an
Novembre 2025 :
+0,6 à +0,8 % sur la complémentaire
→ +3,60 € à +4,80 € par mois
→ +43 € à +58 € par an
Gain total estimé en 2025 :
Entre 307 € et 322 € supplémentaires sur l’année.
Cette augmentation est réelle. Elle améliore le revenu nominal. Toutefois, elle doit être comparée à l’évolution réelle des dépenses.
2026 : une année sous tension budgétaire
L’année 2026 reste incertaine. Plusieurs scénarios circulent.
Le scénario du “gel” ou “année blanche”
Sous le gouvernement précédent, l’idée d’une année blanche avait été envisagée : aucune augmentation des pensions de base pour 2026 afin de réaliser plusieurs milliards d’euros d’économies.
Cette hypothèse n’a pas été confirmée par le nouveau gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu, mais elle n’a pas non plus été formellement écartée.
Un gel signifierait :
- Pas d’augmentation en janvier 2026
- Perte progressive de pouvoir d’achat si les prix continuent d’augmenter
Même une inflation modérée de 1 % ou 1,5 % entraînerait une érosion réelle des revenus.
Le scénario d’indexation classique (~1,2 %)
Si la règle actuelle d’indexation est maintenue, la hausse pourrait avoisiner 1,2 % en janvier 2026.
Exemple :
- Pension de base de 1 000 €
- +12 € par mois
- +144 € par an
Cette hausse serait modeste mais conforme à l’inflation anticipée.
La décision finale dépendra :
- Du projet de loi de financement de la Sécurité sociale
- Du vote du budget à l’automne 2026
- De la trajectoire des finances publiques
Le risque de sous-indexation
Même en cas d’augmentation, celle-ci pourrait être inférieure à l’inflation réelle.
Par exemple :
- Inflation réelle : 2 %
- Revalorisation : 1 %
Dans ce cas, le pouvoir d’achat diminue malgré une hausse nominale.
Sur plusieurs années, cette sous-indexation cumulée peut provoquer un écart important entre revenus et dépenses.
Le décalage entre inflation officielle et dépenses des seniors
Un point essentiel souvent ignoré concerne la structure des dépenses des retraités.
Les seniors consacrent une part importante de leur budget à :
- L’énergie (chauffage, électricité)
- Les dépenses de santé
- L’alimentation
- Les assurances
- L’entretien du logement
Or ces postes augmentent parfois plus vite que l’inflation moyenne nationale.
Ainsi, même si la pension est officiellement indexée, le ressenti peut être celui d’une perte de pouvoir d’achat.
La question fiscale : un facteur déterminant
Autre point à surveiller : l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions.
Toute modification de cet avantage pourrait augmenter l’impôt payé par certains retraités, réduisant ainsi le gain réel issu des revalorisations.
Un retraité dont la pension augmente de 150 € par an pourrait en réalité percevoir moins si la fiscalité évolue défavorablement.
Le contexte budgétaire global
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